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Parmi tous les sujets abordés à ce jour
En prose et même en vers, de théâtre ou d’amour,
La question de Dieu, si rarement osée
Avec plus de clarté, jamais fut exposée !
Lors, oyez ce poème, au génie inédit,
Au savoir ancestral, émanant de ce qui
Couve toute naissance, étoile ou grain de sable,
Scelle chaque destin, innocent ou coupable.
Je ne peux comparer avec tout l’univers,
Ta lueur d’origine imprimée à l’envers
Sur mon intimité, monade dévorante
Vouée à contenter sans remords son attente.
Mon joyau sidéral, mon chemin sans retour
Eclaire de tes jeux l’ordinaire séjour !
Dénonce en toi l’esprit qui t’annonce l’angoisse,
Laisse tout son pouvoir prêcher pour sa paroisse !
De ton non-goût total, ton non-être patent,
Pourvoyeur intégral du monde qui s’étend
Sous mes pas, ne laissant jamais aucune trace,
Tu viens puis tu repars, occurrence fugace !
Tu gis plus répandue, en chaque être vivant,
Que le globule rouge engendré par le sang ;
Tu ne dépends d’aucuns des soucis du commun
Mais supporte au complet le fardeau d’être humain.
Tu définis les corps, les dieux et les traîtrises
Qu’en ton nom seulement nous avons entreprises.
Tu vis seule à la fête, au moment de la mort,
Quand approche l’instant de ce dernier transport
Où nous demeurons tous, même avant la naissance
Comme l’a si bien dit Maharaj. Délivrance,
Pour cet ego bancal, pris entre le précaire
Et l’autre vérité du banquet de la Terre
(Et du ciel), dont seul est honoré le vivant
Qui n’a pour habitat que le moment présent
Célébré seulement en cette joie amène
De transmuer en soi le plaisir et la peine.
C’est un sombre parcours, déconnecté du temps,
Qui ne m’épargne aucun des habituels tourments ;
Au moyen de sa grâce, attentive à ma forme
Autant qu’un marginal respecte encore la norme,
J’embrasse in extremis son immanente loi
Et délivre du sort mon cœur tout en émoi.
Plus nombreux et fatals que les jours sans sourire,
Pour lui, j’apprends sans frais à me nourrir du pire.
Ô bonheur souverain que d’accomplir ton vœu
Au fil du labyrinthe, en m’éclairant du feu
De la foi qu’en ton sein, tuant le monstre immonde,
Je pourrai me nicher pour qu’enfin je m’y fonde.

http://nullepartetjamais.blogspot.fr



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