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Je les ai vu se perdre. J’ai vu l’homme perdre la raison, brûler son billet retour. Je l’ai vu elle choisir d’en rire. J’ai vu des gestes dans la nuit. J’ai vu leur vie se fendre dans l’oubli de ce train du soir. J’ai vu la nuit par la fenêtre du wagon, j’ai vu dehors des maisons éclairées, des couples assis devant des fenêtres. J’ai vu s’endormir l’homme sur son épaule, je l’ai vu.

Un silence d’une demie heure et l’homme a recommencé à parler, il a dit la mort du printemps sans elle, l’impossibilité d’aimer avant elle. Il a dit l’écume morte des amants. Non ! Il n’a pas dit cela , il n’a pas dit. IL a dit : je regarde ta main et je vois la main de ma fille, tu es si jeune ! Voilà l’homme a parlé ainsi. Et elle qu’a-t-elle répondu ? Elle a dit que ses cheveux étaient doux comme le son de sa voix. Elle a ajouté : j’ai faim. Ils sont partis vers le wagon restaurant. Il a dû boire pour se donner du courage, elle a dû en rire, ils ont dû plaisanter sur leur rencontre, s’étonner de parler si vite d’amour. Elle a dû garder sa main dans la sienne.



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