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En cette nuit pluvieuse sous l’œil complice
De la lune pâle au sourire lubrique,
Mon âme noire, chassant d’exquis délices,
Arpente Londres tel un spectre pudique.

Une demoiselle aux hanches vacillantes
Dépose sa voix douce sur mon visage,
Puis vante tous ses dons féconds pour les plaisirs.

L’enchanteresse aux paroles languissantes,
Le bas ventre mortifié par les ravages
De ma lame trop froide, se met à frémir.

Son regard gros, gonflé de larmes et d’horreurs,
Aux contours larges, les pupilles statiques,
Me susurre des mots doux, douloureux et noirs.

Vibrant dans l’or obscur et meurtri de ses pleurs
Aux expressions torturées et hystériques ,
Je hume ses cris essoufflés brisant le soir.

Ses supplices sont caresses excitantes,
La Mort s’immisce jusque dans ses deux beaux yeux,
Tandis que son corps tremblant sous mon étreinte

Se déchire, ses souffrances sont violentes !
Mon poignard est très précis et méticuleux
Puis il se veut forgé des plus belles teintes !

Tant de sursauts de flots serpentins cramoisis
Débordent vivement de ses lèvres usées,
Puis s’en vont mourir sur sa poitrine mi-nue.

Là, son cœur s’éteint. Quelle belle symphonie
Quand tombent lourdement ses restes disloqués,
Ses habits de charme tachés ! Elle est vendue !

Je suis un vampire malade aux mille escortes
De chairs déchiquetées et sanguinolentes,
Aux fines courbes striées et bondissantes.
Quel charme ont ces sottes! Quel charme ont les mortes!



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