Partagez

Le vieil homme est sa mère

L’île dont rêvait le vieil homme !
Avant que l’arbre ne l’accueille

Je revois l’image d’un vieil homme s’abritant sous un chêne
De cette pluie soudaine, de la brusque averse qui l’effeuille
Par la précoce froideur et les pics de l’automne en rengaine

Le temps est si triste, l’automne guette, et l’arbre l’accueille
Assis à même le sol, habillé de haillons, de dépit, il égraine
Sans doute quelques beaux souvenirs, écrits dans ce recueil

Ce grimoire un peu usé, dans lequel une petite photo traîne
Le visage d’une belle femme, au sourire attristé d’un deuil
Il soupire tout en tenant d’une main sa tête lourde de peines

Le regard vide, il gémit un peu, tout en repensant à cet aïeul
A toutes ces merveilles, à cette autre vie devenue si lointaine
Aux choses d’un temps bien révolu, et à son premier accueil !

Ses mains aux mille crevasses, sur le vieux papier, se traînent
Il semble s’apaiser un bref instant, mais trop de larmes à l’œil
Il se morfond de reproches, ne peut se résoudre, puis égraine

Un vieux collier fait de perles taillées dans le triste tilleul !
Et le voilà soudainement prit d’un rire, il crie cette rengaine
La dernière peut-être, car le temps lui a ôté tout son orgueil

Thierry Titiyab Malet



Veuillez noter :

Envoi...
Total :
4.89 sur 9 votes