Partagez

Le violoniste est là, debout
Devant l’entrée du métro,
Il commence à jouer, virtuose
De très grands morceaux

Le violoniste est là, debout
Des gens par milliers
Passent et repassent
Personne ne le voit
Personne ne l’entend

Une femme lui jette un dollar
Sans s’arrêter, peur d’être en retard.
Un homme s’arrête un instant
Regarde sa montre,
Puis très vite, il repart.

Seul un petit garçon
Lui accorde l’attention.
Sa mère pressée le tire par la main
Le gamin attentif
Regarde le musicien,
D’autres enfants aussi.

Le violoniste est là, debout
Jouant de grandes partitions
Vibrant de son violon.
Ils sont dix, vingt, cent, mille
A passer devant lui,
Personne n’applaudit.

Le violoniste est là, debout
Il s’est arrêté de jouer
Personne n’a rien remarqué
De ce concert improvisé.
Personne n’a vu sa beauté.

Le violoniste est là, debout
Il range son Stradivarius
Personne n’a rien vu
Personne n’a rien entendu.
Chacun dans son individu.

Le violoniste est là, debout
Dans cet environnement banal
Où plongé dans l’indifférence totale
De sa renommée mondiale
L’on oublie que partout il remplit les salles.

Le violoniste est là, incognito
Jouant ses plus beaux morceaux
Devant l’entrée du métro
Où chacun dans son hypnose
N’a su entendre le virtuose.

C’était un matin de janvier glacial
Le violoniste était là, debout
Seul, dans cette indifférence
Comme si autour,
Le monde était fantôme…

J.Gallou-Jouet
Le 22 aout 2017
Webmaster
instantpoesie.fr



Veuillez noter :

Envoi...
Total :
4.96 sur 28 votes