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En cet andantino j’entends l’homme brisé,
Abattu par le sort, sanglotant, éperdu,
Soulever sa géhenne et repartir encore,
Vivant malgré le sort et refusant de geindre.

Comment, après cela, songerai-je à me plaindre ?
Phare en ce soc rocheux que la tempête abhorre,
Schubert, maître de vie, quand l’amarre est perdue
Je viens à toi renaître en ton verbe irisé.

Maître du clair-obscur mouchetant les branchages,
Au rêve d’un sous bois où dors le roi des aulnes,
Et l’enfant dans ses bras qui meurt en frémissant.

Et toi, le wanderer, en l’aube, blêmissant,
Qui sait l’éternité où s’ébattent les faunes
Dans cette errance nue où furent nos rivages.

janvier 2013

*A lire en écoutant l’andantino de la sonate D959



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