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Vous me direz un soir :  » il n’est plus, c’est un ange… »
Le voici dans son lit, dans une pose étrange
Si sérieuse et calme – Oh ! mais parlons moins fort,
Ne le réveillons pas, on le croirait qui dort. –
Ses deux petites mains, lasses, paumes ouvertes ;
Peut-être rêve-t-il à quelques découvertes,
Ses yeux bleus et voilés les devinant au loin.
Vous le couvez ainsi tristement avec soin,
Assise, caressant sa chevelure blonde ;
Ne le voyez vous pas ? il est hors de ce monde
Ailleurs et quelque part, il voyage, il est là ;
Je voudrais vous le dire… Enfin, le revoilà !
Il part… Eh ! c’est son choix ! pour voler de ses ailes
Dans quelque autre pays loin des mains maternelles.
Il a sept ans, c’est l’âge où l’on se croit très grand ;
Voyez son ombre au mur, c’est l’ombre d’un géant ;
Puis souriez un peu, ce qu’il faut, je vous prie…
Oh ! je voudrais mentir, vous dire : « il est en vie !
Que demain le verra se lever, rire encor !  »
Laissez-le cette nuit ; c’est un enfant, il dort.

Vous lui posâtes, nu, le baiser d’une mère
Et tout l’épanchement d’un cœur ; roulant, amère,
Frêle comme une fleur au premier rendez-vous,
A suffit votre larme et je pleure avec vous.



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