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Connaissiez-vous l’enfant qui meurt
Entendiez-vous l’enfant qui pleure
Celui qui n’a jamais rien dit
Celui qui n’a jamais grandi

Et qu’on laissa derrière soi
Par un matin de trop grand froid
Qu’on oublia sur le rivage
Comme on se défait d’un bagage
Trop lourd soudain trop lourd de cris
Trop lourd d’amours évanouies

Celui qu’on aurait pu attendre
Celui qu’on aurait pu défendre
Contre les vents et les marées
Si l’on ne s’était égaré
A se brûler le cœur la peau
Entre deux fièvres ou deux tripots

Connaissiez-vous l’enfant qui meurt
Entendiez-vous l’enfant qui pleure
Celui qui n’a jamais rien dit
Celui qui n’a jamais grandi

Celui des rêves épuisés
De trains qui sont restés à quai
De cœurs qui n’ont jamais eu chaud
De cris qui n’ont pas eu d’écho
De larmes au bord des paupières
D’espoirs demeurés en jachère

Celui de deux corps étrangers
Que le hasard a mélangés
Deux solitudes deux misères
Où vint se briser la lumière
Dedans ce ventre de passage
Où déjà s’annonçait l’orage

Connaissiez-vous l’enfant qui meurt
Entendiez-vous l’enfant qui pleure
Celui qui n’a jamais rien dit
Celui qui n’a jamais grandi

Celui des regrets du remords
Au visage de mauvais sort
Celui de nulle ressemblance
Celui de nulle délivrance
Celui que l’on n’attendait pas
Celui que l’on ne savait pas

Celui des peurs et du silence
Des déchirures et de l’errance
L’enfant de l’oubli et du vent
Qui n’avait pas un caillou blanc
Pour nous montrer qu’il était là
Tout près de nous si loin déjà

Connaissiez-vous l’enfant qui meurt
Entendiez-vous l’enfant qui pleure
Celui qui n’a jamais rien dit
Celui qui n’a jamais grandi



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