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Sur le sol glacé,
Dans l’immensité désertique,
Les aimants enlacés
Attendent l’attraction magnétique.

Leurs corps lourds et meurtris
Se sont traînés sans répit
Et, pour qu’enfin leurs pôles ne s’effleurent,
Chaque minute fut empreinte de douleur.

Derrière eux, le ciel se déchire
Et, sur les toits de la ville martyre,
Sa bouche fétide et béante
Vomit des ombres menaçantes.

Les amants de métal
Savent que l’attraction finale
Leur sera à tout deux fatale.
Que leurs corps à jamais soudés
Ne pourront que se mélanger,
Et leurs pôles ingrâtement opposés
Inévitablement se désagréger.

Mais les aimants abandonnés
Ont choisis de s’aimer.
Ils se sont condamnés
Pour pouvoir se partager
L’apothéose galvanisée.

Sur le sol morbide,
Dans l’immensité aride,
Les amants figés
Se sont suicidés.

© Nathalie Goossens 1991.



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