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Les amants du Séminaire

Les doigts à la chevelure de Bérénice accrochés
Leurs corps sont des collines rouges mordorées
Nus tellement soudés qu’ils n’en forment qu’un seul
Tel un monstre bicéphale dans son linceul
Le souffle est court comme haché et le geste
Saccadé est brutal pas tout à fait leste
Tant il est brutal et désordonné
Dans son questionnement violent inachevé
La sueur colle les ventres alors réunis
Inondant furieusement les linges du lit
Tout le moment est pris en fragment dans le temps
Car il n’y a pas d’avant sinon le présent
Les lignes des corps sont horizontales
Parallèles dans leur approche frontale
La lumière est comme géométrique
Délimitant son parcours cosmique
S’acheminant du néant à l’éternité
Elle ensevelit les deux êtres allongés
L’acte est unique purement narratif
Dans son ensemble à la nature relatif
Il récite deux vies qui seraient pareilles
Dans leur extase et aussi dans leur sommeil
Les corps sont unis et connectés à la vie
Par delà les étreintes assouvies
Plaintes et pleurs forment le langage amoureux
Le mot est échangé au profit de l’enjeu
Le lit est un jardin les corps en sont les fleurs
Epanouies vénéneuses où rien ne meurt
Et une capture audacieuse du moi
Secrètement va aggraver l’émoi
Stukas soleils bleus et cent confessions
Repoussent encore plus loin la passion
Les formes sont cercles puis spirales
Evoquant ensuite des droites abyssales
Les frontières vacillent puis disparaissent
Dans cette symétrie croisée et épaisse
Feu et terre sont les gageures du retour
Au calme de l’aube jusqu’à la fin du jour
La femme est reposée éléphante
Dans sa beauté rassasiée languissante
L’homme se fait loup affamé et carnassier
Ses dents brillent d’un éclat argenté

Et les lignes deviendront asymétriques
Pour effacer leur épisode cosmique



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