Partagez

Je ne suis pas ton frère et tu n’es pas ma sœur.
Tout est calme à Combourg, il ne s’y passe rien,
Et même en plein été, il fait un temps de chien.
Dans le désœuvrement, chez les Chateaubriand,
Lucile aimait François en sœur et mêmement.

Je ne suis pas ton frère et tu n’es pas ma sœur.
On naît de même enfance et l’on vit frère et sœur,
Mais on ne sait jamais ce qui bat dans les cœurs.
Traite-moi d’âme sœur, aime-moi comme un frère,
Ton amant fraternel est un fruit de chimères !

Je ne suis pas ton frère et tu n’es pas ma sœur.
Je ne suis que ton autre aux âmes consanguines,
Junon, dans son Olympe, est la sœur qu’on féconde,
C’était la fête au ciel et au début du monde,
À l’une le pistil, à l’autre l’étamine.

Je ne suis pas ton frère et tu n’es pas ma sœur.
N’en déplaise à Maxime, au bleu de sa colline,
Ne va pas t’inventer, ni frérot, ni famille.
Le frangin qui te manque et qui te lutine
Est resté fils unique et te prend aux chevilles.

Je te veux comme sœur et je deviens ton frère,
Pour te prêter mon pull un peu après l’amour,
Pour partager ta peine au creux des mauvais jours,
Pour te prendre la main et visiter Lutèce,
Pour que je sois César, pour que tu sois Lucrèce.



Veuillez noter :

Envoi...
Total :
4.86 sur 22 votes