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VOGUE MARINE
Croyez-moi sur parole : elle n’en vaut pas Le Pen.
Elle sourit, larges dents qu’elle étrenne frontales face au système
et pourtant elle détale au premier appel,
immunité des chrysanthèmes.
Elle n’en vaut pas Le Pen,
larges dents sur le sol étranger et le peigne ici-bas,
elle cherche les poux dans la diversité.
Croyez-moi sur parole, croyez-en ses casseroles :
les mensonges qui résonnent,
la vérité qui suinte,
la chasse à l’homme et l’oubli dans l’absinthe.
Elle n’en vaut pas la marine et ne sera jamais marraine.

PARTIR DU PONT
Parti Dupont-Aignant la lande,
perdu là dans l’immensité du néant de la langue,
il subsiste pâle aux côtés des fureurs médiatiques.
Il tente de s’y fondre mais n’en a pas les tics,
même s’il sait, comme eux, s’agiter de l’éthique.
Mais il ne va jamais au bout, jamais n’astique au cœur la pique.
Parti Dupont-Aignant la route,
aux abords de l’infini comme révélé dans le néant du doute.
Il sourit et râle au revers des fureurs patronales,
il tente de s’y installer mais il n’en a l’étal :
trop plat et trop banal,
il n’est pas amiral.
Pourtant Dupont-Aignant les urnes,
il se rêve turne à l’Élysée, c’est osé !

COURAGE PÉNÉLOPE
Alors courage, Fillon !
Pénélope aux aurores
sous la peur oppressante des pandores,
elle n’en découd pas de la nuit :
le travail, dieu ! quel ennui.
Si elle avait su la galloise,
elle ne serait jamais devenue gauloise.
Courir sous les blés d’or quand le soleil sublime le palace,
sous les blés de la Beauce, c’est cocasse.
Courage, Fillon loin sous ces blés
sous la tempête épargnés :
Luxembourg, Panama.
Le servage pour affirmer la foi en l’esclavage.
Détourne-moi l’impôt mais souviens-toi :
nous viendrons nombreux au château
célébrer l’échafaud.

LE CHEMIN DE LA SALLE AU LINO
S’il fallait se vautrer au sol, je m’écrierais :
« Ah ! ce lino ! Qu’il est beau, et hors norme,
c’est énorme, me voilà qui décolle ! »
Léger, imbibé, je quitte la salle,
je m’envole et dévoile mes aériennes pensées :
l’absurde et le dépassé.
Il m’a été donné un compagnon, il chemina de cols en vallons,
tout le tour du pays et les piliers de bar de la nation.
Il chemina de terres en pavillons, m’extirpait de l’union,
m’isolait dans la salle
et m’allongeait, bonhomme, au ras du sol, métronome.
Il ne restait qu’une litanie : « Ah ce lino ! Ah ce lino ! Ah ce lino ! »

MAÎTRE MACRON
Le monde au macronmètre pour les vautours :
qu’ils puissent se repaître de nos fantômes d’atours,
rire de ce qui nous manque, sans costard, sans emploi et sans dent.
Du micron au macron, l’étalon est d’argent :
solide inconsistance et résilience.
Il y a du vent dans l’étalon,
le vide du non-sens et le chaos de l’accident,
l’essence sauvage du clan sous le sourire de l’indécent.
Mes guêtres au macronmètre ne valent pas tripette
mais la triplette de mes vies poursuivies a tellement plus de prix
que son étalon de vaurien
ne vaut rien.

SOUS L’HAMON DU PEUPLE
Ah oui, Hamon navigue au peuple,
c’est bien là qualité pour qui veut l’écouter :
le changement, l’utopie à travers l’épopée,
mais sous le poids des éléphants qui paissent, il s’aplatit sans cesse.
Hamon train qui s’affaisse, Hamon train vers Bruxelles,
jouera-t-il encore la pucelle ?
Il n’est de liberté hors du cadre des portes,
qu’on les ouvre ou qu’elles nous claquent au nez,
qu’on s’en méfie, qu’on les enfonce ou qu’on y jette un œil,
c’est l’écueil assuré.
Hamon regard sera-t-il suffisant pour rouler l’Hamon dans le torchon ?
Hamon avenir a-t-il un avenir qui puisse luire de fierté ? d’optimisme ?
Il n’est de liberté hors du cadre des portes,
qu’on les ouvre ou qu’elles nous claquent au nez,
qu’on s’en méfie, qu’on les enfonce ou qu’on y jette un œil,
c’est l’écueil assuré.

TORCHONS ET SERVIETTES
S’il ne faut pas que nous Mélenchon les serviettes et les torchons,
c’est pour ne surtout pas rester bêtes asservies de confort à nos maîtres
au second soir des élections.
Il est des révolutions qui baignent dans le sang, il en est d’autres sans :
un coup doux de serviette, l’espoir de la raison.
Plutôt que de montrer les dents,
ouvrir au cœur, à l’impulsion, à l’élan !
Au trou les torchons, il ne faut plus que nous les Mélenchon.
Si le peuple s’élance, l’unisson vers demain,
l’horizon, frère serein,
il n’y aura point de tête aux rasoirs de nos lances mais la citoyenneté,
une terre d’évolués, la civilisation.
Alors il faut plus que nous les Mélenchon.

TOUT L’OR DU MONDE
Poutou les ouvriers du monde, il n’est p’Artaud tôt :
la rue c’est du grouillot,
les urnes une mélasse immonde
sous les lumières sombres de l’échafaud.
Poutou les indignés du monde,
il n’est p’Artaud tôt pour secouer de transe le rêve général :
le pavé c’est le poids qui sous la masse de nos voix se désagrège.
Poutou les enfants du monde,
il n’est p’Artaud tôt pour entrer dans la ronde :
le monde de demain repose entre vos mains fragiles,
mais douces et agiles
comme le sont toujours les mains des magiciens.
Il n’est p’Artaud tôt pour les enchantements,
jamais, ni trop tard :
après le nuit, le jour se lève Poutou les grands soirs des hommes.

de Matthieu Marsan-Bacheré



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