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Les sentez-vous passer comme dans un courant d’air ?
Ils passent effectivement, mais vous ne les voyez pas,
Pour cela, sans doute, devez être trop fier,
Car les insignifiants, pour vous, ne comptent pas…

Ils sont pourtant légions aux portes du Salut
En rangs serrés, le front bas, en grande soumission
A un destin sans gloire, lourd de déconvenues,
Au comptoir des succès, attendent leur admission…

Millions en errance parmi les opportunités
Qu’ils ne saisissent pas, quand d’autres s’en repaissent,
Les insignifiants ne demandent pas la charité,
Et souffrent en silence, des joies qui les délaissent

Les insignifiants souvent pris pour débiles,
Sont ceux dont on dit qu’ils ne sont bon à rien,
Tous discours avec eux, demeurent stériles,
Quand insignifiant se fait graine de vaurien…

Les insignifiants, ignorant les prouesses,
Ne se parent pas de l’étoffe des champions,
Leurs piètres performances, en dérision les laisse,
A toutes loteries, tirent les mauvais pions…

Ils affrontent la vie sur des chemins tortueux,
Au gré des événements arrivent aux carrefours…
Qu’ils soient ardents, pugnaces, toujours vertueux,
Tous prioritaires, à leurs appels, restent sourds…

Qu’auraient-ils donc à faire de leur infortune,
Les nantis, les gradés qui ruissellent de lumière ?
L’existence des humbles est tellement commune,
Qu’il ne reste pour eux, que tâches secondaires…

Leur avenir se joue déjà à l’heure scolaire,
Face au tableau noir, soudain leur front se plisse…
Pour tirer de mémoire, la règle de grammaire,
Sur l’estrade du savoir, l’élève est au supplice !…

Pour d’abord comprendre puis, retenir la leçon,
Tous ne sont pas égaux et, pour la restituer,
Si les uns ont l’air, d’autres, qui n’ont pas la façon,
Aux notes les plus basses, devront s’habituer.

Le sort en est jeté, sitôt sortis du système,
Les insignifiants, déjà mis sur la touche,
Doivent renoncer aux carrières suprêmes,
Et de la société, rejoindre les basses couches.

Élite travailleuse, sublimes Lauréats,
Vous qui avez réussi à tant de concours,
Qui n’avez subi le moindre revers ou aléa,
Voyez ceux qui jamais, n’entreront dans vos cours !

Nous ne sommes pas égaux au départ de la vie,
Car ce qui circonstancie la naissance :
Ancêtres, parents, fortune, santé, pays,
Rien de tout cela, n’égalise les chances.

Arrêtons de nourrir ces vaines utopies,
De gober toutes alléchantes promesses,
Quand aux uns, on déploie les rouges tapis,
Aux autres, dans la rue, on bâtit la détresse…

Toutes les existences sont sources d’épreuves,
Pauvres ou riches, désuétude ou confort,
Pour écrire sa vie, ouvrir une page neuve,
La réussite vient aussi du prix de l’effort…

Alors sur ce chemin, chacun a son histoire,
Insignifiants ! Qu’importe leurs origines,
Qu’importe d’atteindre un jour, des heurs de gloire,
Face à leur sort, voyez tout ce qu’ils imaginent !…

Patrice Lucquiaud – Mirebeau 18 février 2014



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