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Les mots que je t’écris sont les baisers de ta lecture,
Ils ont du cœur et du passé dans les racines.
Embrasse-les profondément pour qu’ils murmurent!
Mets-leur un peu de rouge à farder les lettrines!
Comme un copiste pieux, fais-leur enluminure!

Ce sont des wagonnets remplis de minerais:
Des mots nickel, des verbes d’or, des diamants verts,
Qui sont extraits d’une carrière à cœur ouvert,
Pour t’offrir des joyaux autant qu’il en faudrait,
Pour un collier de reine et pour force ferrets.

Les mots écrits sont descendants de mes pensées:
Je te les lègue avec leur sens dessous dessus.
Gardes-en à jamais l’usufruit défendu !
Ma belle indivisaire et mon âme damnée,
Je les ferai graver sur notre mausolée.

Les mots écrits ne sont pas faits pour être dits:
Regarde-les dans leur silence et dans leur gangue,
Comme des bonbons doux qui fondront sous ta langue,
Un jour de baiser long qu’on donne en paradis,
Un jour d’Alain Delon quand il aimait Romy.

Les mots que je t’écris s’en vont en caravane,
Colporter leur visage auprès de ma sultane:
Des mots bâtés, des mots chameaux parmi les dunes,
Lourds de lointains regrets, mais de colère aucune,
Car je suis Antiochus, car tu es Rodogune.

Les mots que je t’écris sont gravés dans le marbre,
Dans les bronzes du temps, dans l’écorce des arbres,
Et leur légion bavarde occupera nos doigts
Parmi les cécités de nos caveaux grivois,
Pour ton ventre à l’envers et ma bouche à l’endroit.



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