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L’âme, un brin nostalgique, je me suis attardée
Dans ce jardin d’enfance, rien n’a vraiment changé…
Les groseilles à maquereaux, où les ronces nous piquaient
Leur nom un peu idiot qui nous faisait marrer.

J’ai rêvassé, tranquille, en me laissant guider
Par une rose parfumée aux senteurs d’autrefois
Qui fleure bon notre enfance aux souvenirs mêlés.
J’ai regardé courir les petites fraises des bois

Ramassées par nos soins, le long des grands fossés
Replantées de nos mains pour mieux s’en barbouiller
De jeunes gamins choyés qui aimaient gambader
Puis ce souvenir fort où notre mère a pleuré…

Maman aimait les fleurs, y consacrait du temps
Elle en prenait grand soin, les arrosant chaque soir
Tout le long du grillage, elles narguaient les passants
De leurs belles couleurs, elles se faisaient bien voir.

Maman paraissait triste depuis quelque temps
On la sentait distraite, moins attentive à nous
Aussi, quand elle partit, pendant quelques instants
On lui fit une surprise qu’elle trouv’rait à son goût

Ses œillets de poète, cueillis à ras la fleur
Et piqués dans le sable pour décorer la cour
Ont fait crier ma mère, lui ont brisé le cœur
Alors qu’on l’avait fait dans un geste d’amour.

Nous n’avons pas compris, enfants que nous étions
Que ces pauvres œillets allaient bientôt mourir
Tout comme notre grand père, à juste raison
Couché à l’hôpital pour son dernier soupir

Ces fleurs guillotinées, en fait la goutte d’eau
Qui a noyé ma mère de peine et qui chagrine
C’était elle, l’enfant qui quittait le bateau
Pour aller, naufragée, devenir orpheline.



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