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Les hommes étaient assis au pied de leurs machines
Ils ne savaient que dire et regardaient leurs mains
Ces mains qui n’avaient pu empêcher la rapine
Les vautours volent haut au-dessus des humains

Je n’ai pas vu venir les oiseaux sans regard
Quand vous étiez des ombres et pourtant plus de mille
A hurler vos colères et jeter au hasard
Vos messages à la mer comme des codicilles

D’un doigt léger sur un clavier on effaçait
Les hommes au travail les années côte à côte
Peines et joies partagées dans les matins glacés
Intense corps vivant qu’un seul geste dépiaute

Je n’ai pas vu venir tous les fauteurs de guerre
De cette guerre-là que nous perdons toujours
Ni casqués ni bottés ni rien de militaire
Affables souriants le geste de velours

De cette guerre-là sans fusils ni canons
Qui ne broie pas la chair et les os mais vous laisse
Au bord d’une existence où se perd l’horizon
S’épuise l’avenir et lève la détresse

Je n’ai pas vu venir l’ombre sur nos rivages
Je n’avais rien compris au vol des oiseaux noirs
Combien y aura t-il encore de naufrages
Combien de matins froids sous l’œil des charognards

Combien de vies froissées comme un pauvre brouillon
Jeté négligemment au fond d’une corbeille
Qui viennent se cogner comme des papillons
Sur la lampe allumée de leurs nuits sans sommeil

Les hommes étaient assis au pied de leurs machines
Ils ne savaient que dire et regardaient leurs mains
Ces mains qui n’avaient pu empêcher la rapine
Les vautours volent haut au-dessus des humains



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