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Les oubliés…

Tant que la pauvreté,
De luxe, n’a pas l’attribut,
Ils ne seront pas taxés
Pour avoir le droit d’exister…

Mais, exister n’est pas vivre,
Vivre n’est pas survivre.
Impitoyable destin
Dans les rues sans chemin…

Impossible de regarder au loin,
Demain ne sera encore que demain,
Pareil à aujourd’hui,
Esseulés, de la société rejetés…

Dans l’oubli de l’urgence à les aider,
Abominables difficultés chaque jour,
Sans parfois même, un seul bonjour,
Ni d’autrui, le moindre regard furtif…

Toujours à leurs côtés « quatre pattes »,
Coeur fidèle, ami pour le meilleur et le pire.
« À votre bon coeur messieurs dames »
Sachons donner un peu de nos âmes…

Il en est des généreuses, possédant
La haine de la misère et l’amour des frères,
Sans fortune et peu nanties, aimantes,
Qui feront de leur mieux pour les secourir…

Triste constat : « monnaie courante »
Qui court galope se propage c’est un fléau !
Menue monnaie, point dans nos poches
Ne doit rester, à la misère il faut donner…

Aux plus faibles, aux plus fragiles,
On ne donne par « cher » de leur vie.
Quand les frimas de l’hiver envahiront la ville,
Contre les morsures du froid, là est le péril…

Enveloppés dans ce manteau de souffrance,
Les crocs acérés du froid, du gel, des pluies,
La faim les tenaillant, les maladies aussi,
Comment peuvent-ils lutter, ne pas succomber…

« Ceux-là » on les trouvera inertes un matin,
Sous nos ponts, sous leurs cartons,
Epuisée, leur pauvre vie s’est enfuie.
Fini le purgatoire, le paradis ils ont gagné…

Un « cadeau » ! Enfin, il était temps !
On les recouvre, leur offrant un drap…
Trop tard ! c’est le dernier, leur linceul,
Celui-là ne pourra plus les réchauffer…

Ses compagnons de misère, son chien apeuré
Le verront partir comme il était arrivé,
Sans rien, plus rien, que quelques guenilles.
On entendra « pauvre gars », c’est mieux pour lui…

Actualité endeuillée, sombre nouvelle…
Ils vont revenir à la vie, « hommage » !
«Eux » feront la une, la gloire des « quotidiens»,
De « belles pages » qui ne disent rien…

Ne nous voilons pas la face,
Devant la misère qui partout menace.
Donnons à ces personnes démunies,
L’intérêt que tout être mérite…

Ce sont des êtres dignes
Autant que vous et moi,
Oui dignes, ils le sont,
Le respect nous leur devons…

Sans cesse on prône l’amour et l’amitié,
Bien plus encore la fraternité
Mais les frères, les vrais sont ensembles,
Unis dans la rue et les caniveaux…

Cependant, malgré ces beaux discours,
Rien n’avance, rien ne se fait…
N’oublions surtout pas les oubliés,
Un jour, nous en serons peut-être… qui sait ?

Pascale Mège-Monier
Illustration photo internet



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