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Sous l’ombre d’un chêne centenaire, mon instinct peu grégaire, j’abrite ma paresse au vent léger d’un Zéphyr charmeur qui caresse mon esprit dormeur. Je hume l’air parfumé de cette matinée en plein été. Je laisse fainéant, la somnolence engourdir avec élégance tous mes membres. Le gazouillis harmonieux des oiseaux s’estompe ennuyeux, dans les rêves vaporeux d’une sieste délicieuse.

Soudain, une voix plus forte m’interpelle belle. Elle marmonne une injonction folle, « carpe diem » dit-elle frivole. Agacé par cette ingérence malvenue, je me retourne têtu, et ainsi signifier mon agacement. L’impertinente répète à tue-tête, constante, les mêmes mots. D’une ire contenue, je hurle ma déconvenue. La voix apparaît, traîtresse, sous la forme d’une jolie rose rouge. 

De ses pétales, sa bouche coquine, elle réitère ses vœux sans colère. Téméraire elle me défie de sa douceur primaire. Elle me déclare tout de go d’être un petit bonheur, un simple cadeau. Mon rire moqueur ne l’arrête pas et elle reprend son discours en ces deux mots latins Carpe Diem, « Profites du temps présent », voilà qui est malin. Je tente de la cueillir mais en vain. Ses épines agrippent mes doigts chagrins. La douleur me réveille. Mon petit bonheur s’est évaporé à mon éveil.

Alors je recouvre ma tête de mon chapeau et m’en vais, Ronsard, cueillir ma rose qui dans mon cœur avait éclos. La vie est faite de petits bonheurs, ces roses tendres et douces ou rouge coquelicot. Sachons les apprécier, sans les voler, ils pourraient bien nous piquer, on ne sait jamais. 



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