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Qu’elles sont moroses mais douces ces soirées
Où la pluie murmure d’une voix secrète
Sa mélancolie aux caresses discrètes
Et tendres, puis erre, ses mystères voilés,

Longeant le long des ruelles mornes et nues,
Glissant tout doucement en mon âme pendue
Où elle cultive ses gros fruits ronds gorgés
De ce jus, si savoureux puis si passionné,

Ruisselant tranquillement jusque dans mon cœur
Vif, secoué par cet élixir ambiguë
Qui mes émotions malades brasse et remue
Pour en cueillir cette infâme et terrible fleur !

Le ciel immense et mûr, aux teintes poivre et sel
Que chaque instant furtif, guidé par l’Éternel,
Saupoudre chacun de ses nuages de noir
Puis offre au vide profond un curieux nonchaloir,

Puis hurle à travers tant de ses larmes osant
Le grand saut , la perte de la joie réfugiée
En ces instants partis, perdus et condamnés
Que l’on enterre là bas, dans le firmament,

Comme les pauvres hommes que l’âge a fauché,
Tombant en lambeaux juste en dessous de nos pieds.
Et à mesure que le rayon de la lune
Se mêle aux éclats miroitant sur les dunes

De ces villes défuntes, aux sons funestes,
Puis que les étoiles abandonnées, au loin,
M’invite à cette romance, main dans la main,
Le songe s’éveille en chacun de ses gestes,

Puis que l’immensité s’imprègne du néant
Et se vêtit du silence où cri le vent,
Mes paupières deviennent lourdes et lentes,
Et le sommeil, telle une mort apaisante

Sonne le glas des cliquetis des gouttes de pluie
Rendant leur tout dernier souffle sur les grands carreaux
Floues et embrumés, où ces petites eaux
Mortes descendent lascivement dans la nuit.



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