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On était si bien sur terre …
Loin des oiseaux pervers, loin des nuages gris,
Je maudis les serpents, je déteste leurs pommes,
Ceux qu’inventent les gens, ceux qu’enfantent les hommes,
Leur mal ne suffit pas à faire un paradis.

On était si bien sur terre …
Quand il fallait coucher dans un lit de fortune,
À l’abri de la pluie ou sous un toit de lune,
Quand l’aurore écartait les rideaux de nos rêves,
Quand tu ouvrais le jour si belle en habit d’Ève.

On était si bien sur terre …
Loin des gerfauts d’acier, loin des hélicoptères,
Je maudis les sergents, je déteste leurs hommes,
Ceux qui sont au combat, ceux qui se font la guerre :
Et pourquoi tant de foudre ? Et pourquoi tant d’atome ?

On était si bien sur terre …
On mangeait du meilleur en ricanant du pire,
Notre arbre était feuillu par carence d’automne ;
Tout était érogène, on n’avait pas de zone,
Du creux de ton épaule au ventre des lampyres.

On était si bien sur terre …
Avec ton rire et notre amour à bout portant,
Quand on mourait souvent, mais de petite mort,
Et qu’on restait longtemps allongés sur nos corps,
Fourbus de nous, bibliquement nous connaissant.

On était si bien sur terre …
N’en déplaise à Led Zep’, je ne gravirai pas
L’escalier musical qui s’en va jusqu’au ciel,
Ni avec Genesis, ni avec Vanessa :
Le nirvana n’est pas une chambre d’hôtel.

On était si bien sur terre …
On s’asseyait par terre au milieu des piverts,
Alice aurait aimé ta chanson de Prévert,
Ton absence de feuille au fendu de tes hanches,
Et comme un souffle court, un tapis de pervenches.

On était si bien sur terre …
Tu couchais sur la paille aux crochets du péché,
Je ne te désirais pas, mais c’était tout comme,
Et si je suis venu de si loin te chercher,
C’est pour tracer ta courbe et pour croquer ta pomme.



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