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Si le diable n’avait point tenté la première dame
Si celle-ci n’avait point tenté son compagnon,
L’arbre de vérité aurait gardé sa pomme
Et le genre humain ne vivrait point d’illusions.
L’arbre de vérité et de la connaissance
Duquel le Seigneur préconise la méfiance
N’aurait point détruit, en l’homme, la confiance
Et n’aurait point instauré le règne de la défiance.
L’homme qui acquiert beaucoup de connaissances
En perdra sa sagesse, son calme, son insouciance
Des projets du Destin, versant dans l’indécence,
Oubliant ses devoirs, écartant la clémence,
N’ayant pour ses frères aucune indulgence,
Méprisant le calme et, surtout, la patience
Engendrant des alarmes, avidité, insolence
Et l’homme créé à l’image de Dieu
Se compose d’un corps, d’un cerveau nu et creux
L’homme se dote du costume d’un personnage pieux
Mais ses paroles résonnent et blessent comme un pieu.
La haine et le mépris se partagent son cœur,
L’envie et la jalousie en sont les seigneurs,
Le mal que, certainement, nul ne veut pour soi,
Mais contre son propre frère, l’homme élève la voix.
Car, dit-il souvent, c’est la mauvaise dent
Qui se nourrit toujours de ces bons grains de blé
Tandis que les meilleurs, dont lui est pendant,
Ne peuvent acquérir que le reste et l’ivraie.
Lui souhaitant alors toutes sortes de maladies,
Enviant certainement qu’il soit en bonne santé,
On dresse des embûches et toutes sortes d’ennuis
Ne voulant que pour soi et non pour autrui
Les bontés du Seigneur et les bonnes qualités.
L’amour cède sa place à la haine viscérale,
L’amitié sincère ne gère plus le cordial,
Les yeux visent loin dardés comme une flèche
Et la langue s’affiche et partout elle prêche
La destruction
Et la désolation
Par la désunion
Quand Dieu ne voulait que l’union !



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