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Un homme qui a faim n’a pas l’esprit lucide,
Il vit tout près du crime et pas loin du suicide.
Par un jour de printemps et le vingt quatre mai
Une date durant la guerre cela ne s’oublie jamais.

Ils étaient quatre cents éloignés de la terre,
Le bruit des lourds canons rappelant la guerre.
Ils étaient tous debout sur le pont du bateau
Dans le décor vivant de l’azur et de l’eau .

Ils étaient tous debout parqués dans cet espace,
Séparés en deux camps dressés face à face .
Le spectre de la mort sillonnait l’horizon,
Il semblait bien égaré le fil de la raison.

Chaque homme avait un cœur caché sous l’uniforme,
Chacun avait un ventre, aussi utile en somme.
Ils avaient en commun des vivres pour manger
Sauf que le camp bien armé ne voulut partager.

En face de la faim on affronte même la rage
Un des affamés s’élance avec courage
Mais son arme sur son ventre, un sergent a crié
« Halte ! ou je tire.» et la victime, son Dieu a prié.

Il a tendu une main, une main de prière,
Une main qui bénit, une main de misère .
Il peut nous arriver sur notre bout de chemin
D’avoir besoin un jour de tendre la main.

Soudain, dans l’autre camp une voix qui s’élève .
« non ! ne tirez pas ». Le drame enfin s’achève .
Satisfait le ventre s’était tu sur le champ
Et le cœur victorieux battait dans chaque camp.

Le soldat avec joie laissa tomber son arme,
Il pensa à son Dieu, à son toit , à sa femme.
Il redevenait un homme amoureux de la paix
Et chacun librement vit l’autre avec respect.

Tant de peuples ont faim, aidons-les promptement
Ils nous aimeront encore plus en vivant dignement.
Nous verrons enfin que ces hommes sont nos frères
Et nos yeux tous ensemble s’ouvriront à la lumière.

Belhamissi Sadek 18.07.2017

Histoire vécue durant la guerre 1939-45, un certain 24 mai en pleine mer .Sur un même bateau, embarqués en renfort s’affrontaient deux camps entassés, deux communautés vivant dans un même pays des Français d’Algérie et 400 Algériens désarmés au moment d’embarquer . En cours de route, une tragédie allait se dérouler, un bain de sang évité de justesse pour….une poignée de vivres, le drame de la guerre aidant.
Ancien de la guerre 39-45, ce récit me fut conté par mon père dont il est un des acteurs. Il n’avait alors que vingt ans au moment des faits.



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