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Les sons, roulant comme les pierres
Emportées par la puissance des vagues,
Déposées au fond des mers fières,
Luisant comme les diamants d’une bague

Dans les eaux les plus profondes et les plus sombres,
Grouillant en mon esprit déformé par les fardeaux
Constamment en quête de la fraîcheur de l’ombre,
Comme les insectes nichant au fond des tombeaux,

Prodiguent des caresses à mes belles endormies.
Douce comme les nuages, mélodieuse et glaciale, 
Elle enchante même les mystères, cette harmonie
Terrifiante, et me convie, jouant de son teint pâle,

A cette danse macabre au milieu des décombres
Et des dépouilles profanées gisant dans les plus noirs
Recoins de mon âme, ces catacombes morbides et sombres.
Et à mesure que ces fils, tissés par la tristesse du soir,

Et électrifiés, me guident jusque dans ces contrées
Ensorcelées, je savoure ce paradoxe exquis,
Plein d’horreur et d’extase. Transportée et enlacée
Dans les bras de ce vil démon aux sourires impies,

Par ce contact étincelant de sensualité et d’effroi
Dont les murmures font vibrer ces cordes poreuses
Et rouges, enroulées comme un serpent qui dort, en bas,
Les frissons parcourent ma peau rongée par les talentueuses

Flammes, bondissantes, tel un vieil homme foudroyé par la mort.
Et comme une feuille roussie par la mélancolie de l’automne,
Déchirée par le vent et se couchant sous terre parmi les corps
Oubliés au creux desquels, pendant des siècles, le silence sonne

Puissamment comme les cris amers des loups, mon esprit malade
Virevolte, danse et tournoie au milieu de mes tourments.
Au creux de ses vents violents, majestueux comme la tornade,
Chuchotent ces mots maudits : « Ainsi va la vie, mon enfant ! ».



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