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Toi qui meurs les jours et fuis Morphée les nuits,
N’as-tu senti le doute s’immerger en ton cœur ?
Tu prospères sur l’usure, artisan du malheur,
Amassant en silence les richesses d’autrui.

La cupide vermine qui laboure ton fiel,
Cède au sang du puissant et condamne sans pitié.
Tu t’éveilles dans l’envie, ignorant l’amitié,
Caressant un plaisir en tout artificiel.

Tu avances dans la crainte d’une promise trahison,
Réprimant de ton ire la parole sincère.
Se feignant véritable, ton courroux te dessert,
Attisant ta fureur jusqu’à la déraison.

Esseulé en ton ombre, tes ambitions se fanent,
Tu quitteras bientôt ton modeste butin.
Le vent de l’abandon soufflera un matin,
Dans un dernier élan de paroles courtisanes.

Tes enfants n’auront soin de ton propos soudain,
Comment donc racheter un si long temps perdu ?
Dédaigneux de rejoindre ton cercueil exigu,
Tu t’enfuiras périr dans le don et le bien.

Ta fortune s’en ira aux désirs insondés,
Et aucun souvenir ne l’accompagnera.
Ton effort opportun à jamais marchera,
Sur les terres immenses des mensonges érodés.

Stéphane Meuret,
6 Février 2018, Copyright



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