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Blocs de béton chauffés sous le soleil violent de ce matin de juin,
c’est un python de suées qui dévale indolent jusqu’au creux de mes reins ;
si ma peau est d’airain,
je cuis insolemment dans la fournaise d’été
et les pieds sur les braises du doux pavé brûlé
me rappellent au vivant.

Sur la place pourtant tous s’ignorent,
comme morts.

Blocs de béton coupés au détail insistant de ses lignes au ciel bleu
c’est comme un précipice absorbant le regard jusqu’une mer factice :
si mes yeux s’y ravissent,
je m’y noie dans l’instant, irrémédiablement,
au ciel infini de l’été et le cœur envolé
par-delà les nuages.

Dénoue les amarres, sage,
tous restent au sol pourtant, tous s’ignorent,
comme morts.

Blocs de béton posés sur le temps immobile du week-end qui commence,
sont-ils l’avance d’une épopée fragile
à franchir ?
Si mon cœur à la masse y bat de flux tactiles
quand j’esquisse une danse
est-ce que la pierre immense
y répond volubile ?

Au point où l’on trépasse sur la place à l’instant,
tous encore s’ignorent
et le monde dévore.

de Matthieu Marsan-Bacheré



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