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Je vois centaines de lessives,
Toujours fidèles au rendez-vous.
Les bas d’Irène et shorts de Lou,
Les vieux bleus de travail de Yves.

Les fringues à Lou sont si petites,
J’aime sur moi les taquiner,
Les faire voler et danser.
Elles sèchent beaucoup trop vite.

Dieu que cet homme doit bosser
Car tous les soirs à la même heure
Ses tenues sont par le labeur,
Même lavées tout abîmées.

Irène et sa coquetterie
N’ont jamais eu pitié de moi
Qui dois supporter tout le poids
De la mode et de ses lubies.

Je le comprends le temps qui passe.
Les vêtements de Lou grandissent.
J’ai bien vu qu’ils étaient complices
Avec les autres et ça m’agace.

Les bleus d’Yves, où sont-ils passés ?
Je ne vois plus ses pyjamas.
Je ne vois plus ses bermudas.
Irène a dû le congédier…

Un jour, c’est Lou qui est partie.
Là, je me suis mis à pleurer.
Je me suis mis à déprimer.
J’avais le mal de ses habits.

Puis les robes se sont usées.
Ma vie a perdu son sourire.
Je n’avais plus qu’à accueillir
Les lingeries d’une mémé.

Un matin, je l’ai attendue.
Je suis resté nu comme un vers.
Il faisait froid. C’était l’hiver.
Mon Irène n’est pas venue.

Et dire que je me plaignais.
Je n’ai pas compris mon bonheur.
Je regrette ces vieilles heures,
Quand j’étais l’étendoir chargé.

Quand j’étais l’étendoir famille,
Quand Lou jouait autour de moi,
Quand les draps parfumés d’émois
Sentaient la pêche et la vanille.



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