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Tout avait un début. C’était en bribes. C’était en épigramme. Du jour jaune à l’horizon qui se lève. En bribes. En cadences déliées. En morceaux plus moins audibles. Il se lève. Là, au début tout se condense. Un rayon du soleil, qui donne un nom à un objet, est une partie du jour. J’y vais pour de bon, pour l’éternité. Je ne peux encore quitter les débuts. Cela vit dans un tréfonds de l’âme. En épigramme… Le rayon était la naissance. Le rayon était la mort. C’était à un moment du voyage. C’était à l’aube de l’un de ces longs jours du grand voyage. Il vient un rayon. Il intervient un rayon. Beaucoup de choses virent le jour. Beaucoup de choses descendirent vers les enfers. Je conçois, je vois, je prends, je comprends, j’entreprends, j’entre, je sors, j’entrevois. En même temps, j’oublie, je me fourvoie, je laisse, j’interroge, je plane, je fonds, je délaisse tout un monde derrière-moi. C’était par bribes. Lire. Condenser le beau en une phrase, parfois en un mot. Refaire la même marche. Retracer ses pas. Sentir la soif … Allez dire à un fervent aventureux que l’eau qu’il entrevoit au loin n’est qu’un mirage. Marcher. Condenser la scène en une fève. Lire. C’était par bribes. Mais ce n’était pas assez dur. Il fallait conquérir les landes les plus désertiques. Il fallait porter quelque chose de lourd. Lire, condenser, refaire une vieille marche, retracer ses pas, sentir la soif. S’étancher pour une fois. Puis, … en bribes. La nuit était bien noire. Il y avait des étoiles en haut et la pleine lune, parfois. Le jour était blanc. Il y avait des moments sombres et des nimbus, parfois. Je prenais la feuille et je traçais mon rêve. Pourtant, il fallait reprendre route. Je marchais. Je le faisais en quelqu’un de bien éprouvé par les sentiers les plus hardis. Je le faisais en syllabes. Là, je trouvai toute une nouvelle foi, au bout milieu d’une nuit : la puissance, le courage de dire « non, je veux ». Tout était en épigrammes.



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