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Fier de l’hiver, Il descendait de sa Norvège,

Avec son manteau rouge et sa barbe de neige :

Je l’attendais en regardant par la fenêtre,

Car je n’étais pas sûr qu’Il eût reçu ma lettre.

Il tournoya deux ou trois fois autour du toit

Et s’arrêta plus loin dans la douceur du ciel

Chaque renne exhalait un nuage de froid,

Son traîneau scintillait comme une pâte à sel.

Il était beau comme un héros, comme un roi mage,

Qui portait dans sa hotte un trésor de mouflet :

Avais-je été suffisamment image et sage,

Pour entrouvrir mon âtre ou le bois d’un volet ?

Mais Il ne visita que la maison voisine,

Plus avenante et mieux peuplée ou plus gamine :

Sans doute estimait-Il que je n’y croyais plus

Et qu’entre Lui et moi le charme était rompu.

Le beau mensonge est destiné en apanage,

À l’enfant, au poète et au fou du village.

Je suis fêlé de vers tout en n’étant plus môme :

Pourquoi ma-t-Il rangé dans le troupeau des hommes ?

Passé l’hiver, Il repartait dans sa Norvège,

Je l’attendais pourtant, cloué à ma fenêtre :

Serait-ce un revenant, était-ce un sortilège ?

Pendant ce temps, on m’avait retourné ma lettre.

Tout n’était plus que nuit, jai remis ma polaire,

Au-delà de Noël, quel cadeau peut-il plaire ?

Je rêvais dune orange ou dune madeleine,

De ces frivolités qu’on reçoit aux étrennes.

Jai trouvé son habit devant ma cheminée,

Un manteau à capuche et des bottes fourrées:

Te déguiseras-tu pour l’enfant que tu hantes

En glissant tes seins nus dans sa veste géante ?



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