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L’horloge est toute éberluée :
Ses aiguilles se sont tirées !
Elles ont profité — bien fait,
Que le garçon un peu distrait

Qui remontait, ( quelle corvée ! )
Cette relique, antiquité,
Avait laissé entrebâillé
Son hublot rond, navire à quai.

Et elles se sont décrochées,
Ni une ni deux, ont filé,
Qu’on en tique, ou taque, outré,
Nul ne sait plus quelle heure il est.

Chronos en reste pétrifié,
Sacrilège ! Il voudrait tonner
Mais ne sait quand faut foudroyer
Celles qu’il ne peut alpaguer !

Car tout est démantibulé,
Les secondes sont épargnées,
Les minutes immunisées !
Heures sans heurs, désarçonnées

Ne savent plus s’il faut sonner,
Écolières ou écoliers,
Seuls se réjouissent, la récré
Enfin, sans cesse, peut durer.

L’Aiguille du midi, vexée,
À tous les vents montre son nez,
Si c’est ainsi, lors, je serai
L’Aiguille de « quelle heure il est ? ».

Mais la dernière heure étonnée,
Ne sachant plus s’il faut passer,
En est si décontenancée
Qu’on en oublie de trépasser.

Lionel Droitecour – L’heure est leurrée
avril 2016
image: mexperience.com



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