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Titre : L’hiver de la vie
A l’hiver de la vie, remontant en mémoire,
L’on découvre le matin alors que c’est le soir,
Ayant durement acquis connaissances et savoir,
Le constat est amer : nul n’a aucun pouvoir !
Le fil des années devant être revu,
Il s’avère que, pour vivre heureux et tranquille,
Il faut se contenter de rester inconnu
Plutôt que de se voir devenir servile.
Les années ont passé, toujours s’accumulant,
La précédente est sure, la suivante autrement,
Le fil de la vie avance en s’étalant,
Heureux ceux qui peuvent s’en sortir décemment !
Le printemps est trop bref, revu avec plaisir,
Les souvenirs d’enfance font encore sourire,
Hélas, notre entourage a bien dû partir
Et nous qui croyions qu’ils allaient revenir !
Ainsi, ce temps béni qu’on appelle l’enfance,
Ce temps-là vécu dans une grande insouciance,
Ce temps à qui succède l’âge de l’adolescence,
Viendra l’âge adulte avec sa désespérance !
Et vient le troisième âge alors qu’il est quatrième,
C’est l’âge où la vie ne semble plus un problème,
La retraite s’annonce, paisible et sereine,
Les ennuis commencent, la cervelle est trop pleine.
La fratrie se détache et la fraternité,
Symbole de l’union de toute société,
S’envole pour fuir cette dure réalité
D’une société humaine mais sans humanité.
Demeurent les liens du cœur, les seuls qui soient fidèles
Pour ceux qui en disposent, en ce monde virtuel,
Alors, l’amitié se donne à cœur joie,
Tandis que le cerveau a bien perdu sa voix.
L’humanité faisant amende honorable,
La société, alors, deviendrait sociable,
Tous les différends ne seraient plus ingérables,
Et les hommes agiraient en humains vénérables.
Si ce quatrième âge peut avoir la sagesse,
Même s’il ne peut plus récupérer la jeunesse,
Sa force morale deviendrait une faiblesse,
Le respect mutuel semblerait une caresse.
Cet âge dispose d’une force apparente,
La sagesse, à cette force, serait bien adjacente,
Ainsi l’humanité deviendrait clémente
Rejetant de vive voix toute voie indécente.
Quand, enfin, l’on atteint les limites astreintes,
Le saut vers l’inconnu devenant une contrainte,
L’homme vaincu se croyant vainqueur,
Se prépare et la paix règne, enfin, dans son cœur.
Cheikh Saïd MECHERRI



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