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Décrire un jour morose dans une époque de crise,
c’est le feu que j’attise
sur les braises.

Nous connaissons les causes du souffle de la brise :
c’est le jeu de la mise
sur les fraises.

Tous ces véreux patrons et leurs gros portefeuilles,
pour peu qu’ils le veuillent,
ils nous tuent.
Ils n’ont comme horizon que leurs rentrées d’argent
et se soucient des gens
bien moins que de leur cul.

C’est ainsi qu’en caisse, ils nous acculent au strict nécessaire
et ainsi qu’au dessert,
ils nous enculent
à sec, violemment, sans vaseline et nous, pauvres anonymes,
sommes mis au régime :
eau – farine.

Ils n’ont idée du prix des choses ni du coût du travail
ni de celui du bail
qu’on nous impose.
Ils n’ont l’idée du prix d’un steak ni du coût de l’essence.
Toute cette franche indécence
me débecte.

Ils ouvrent grand leur bec et se goinfrent la panse
et quand l’un des pions pense,
ils l’éjectent.

Nous connaissons les causes du souffle de la crise :
c’est l’amas des cerises
qui cachent le gâteau.

Alors si jamais j’ose ouvrir ma chemise,
ce ne seront des bises
qu’ils me donneront tantôt.

Nous, pauvres anonymes, ne sommes pas des chiens !
Nous ne demandons rien
qu’une part du gâteau.

Mais loin de nos abîmes, cette meute de loups
nous considère fous
d’oser quémander l’eau.

Cette meute de loups…
Et nous sommes des agneaux.

de Matthieu Marsan-Bacheré



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