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Un homme jeune, sombre et silencieux,
Se tenait accoudé au comptoir.
Il avait un regard profond et bleu,
Une chevelure bouclée, très noire.

Il pianotait sur le zinc avec ses doigts
Épais et crevassés par le froid.
Un fin duvet couvrait ses joues basanées.
Il revenait d’un long voyage au goût d’éternité.

Il se sentait usé, au bout du rouleau.
Il ne connaîtrait plus les années lumières,
Seul à bord de son bateau,
Épris d’une liberté dont il était fier.

Un vieux juke-box diffuse quelques refrains.
Personne n’écoute ces rengaines.
Une douce langueur peu à peu l’étreint
C’est l’heure où la nostalgie l’enchaîne.

Dans l’air enfumé, fleurait l’odeur du pain chaud,
Du café tiédissant sur un coin de fourneau.
Il ressenti la soif et la faim.
Dans sa poche, il trouva quelques piécettes d’étain.

Une fine poussière danse dans l’atmosphère,
Faisant scintiller d’or et d’argent
La mousse sur un bock de bière
Abandonné par un client.

Il se fait tard, l’homme solitaire
Se lève et sort sans un mot.
Il va reprendre une existence ordinaire.
Du commun des mortels, c’est le lot.



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