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L’Interdit

Il se leva sans bruit, économe de gestes,
Le lourd climat hostile et l’animosité,
Inculquent la réserve et cette aridité
Qui préserve l’esprit des façons indigestes.

Le carillon timide égrena quelques coups,
Il ne les comptait pas, (le temps la belle histoire)
La porte de l’enfer a clôt le purgatoire,
L’espoir s’est dérobé, tel le chant des coucous.

Le vieux veston froissé jeté sur une épaule,
Il traversa sans mot, le corridor crasseux,
Et Médor s’écarta, lui, l’autre malchanceux,
Sans doute convaincu de finir dans la geôle.

Indifférent au froid médiocre et pervers,
Le voile scintillait malgré l’épaisse brume,
On entendit ses pas marteler le bitume,
Il s’était éclipsé ; le sens a son revers…

Il marcha sans objet, apaisé, presque libre,
Le vent accompagnait, rien ne viendrait troubler
Le calme de l’instant, rien ne ferait trembler
Le point presque magique où règne l’équilibre.

La pluie avait cessé, de loin il entendit
Un sifflement strident, la voie est monotone,
Il a toujours aimé les parfums de l’automne,
Il effaça le doute, et brava l’interdit.



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