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Ma gourmandise

Quel mot extraordinaire ! C’est un mot qui chante…Une musique, rien qu’une musique qui glisse en moi lorsque ce mot vient sur mes lèvres comme un moment de grâce. Musique qui apaise toute rancœur. Toute angoisse. Une musique endiablée qui tisse en moi cette envie effrénée de saveurs aux mille couleurs. Ce mot magique est le jaillissement d’un arc-en-ciel qui s’irise à renaître sans cesse de lui-même…Une brassée de fleurs qui trouble la monotonie des jours en déroute et qui définit ses propres paysages. Une recréation de l’univers tout entier. Une immense trouée de lumière tombée là. Sur mes lèvres. Qui dégouline sur mes doigts. Son éclat lumineux permet la rédemption et la paix s’étale en un clair-obscur remarquable sur les senteurs qu’elle essème tout alentour. Les sons prennent la couleur des voyelles. Vous savez, celles qui chantaient sous la main de Rimbaud…Et la magie de ce mot dégusté, c’est une vague immense qui incruste des arabesques, des courbes, splendeur turquoise-marine-algues irisées…
Gourmandise ? C’est un bien vilain défaut, m’a-t-on dit quand j’étais petite…Dangereux sans doute. Couleurs sanguines qui violentent la nuit enlacées aux bleus qui délient le rêve. Oui. Un bien vilain défaut lorsque la gourmandise nous rend boulimique. Une boulimie gargantuesque qui avale à l’infini des mots et des mots. Une boulimie de mots flamboyants qui dégringolent de nos doigts. Sucrés. Collés au crayon qui peint en cascades les mille et mille couleurs des mots dont je suis gourmande à démesure. Oui. La gourmandise est un bien vilain défaut quand les bonbons qui jaillissent à foison de nos mains ont la senteur des mots qui écrivent la vie.
Gourmande. Oui. Boulimique. Oui. A foison. A démesure. Ma gourmandise à moi est infinie et m’alourdit du poids de ma vie ou me donne la grâce envolée d’un rêve qui toujours se meurt comme la fin d’un bonbon qu’on suce lentement…
Oui. Ma gourmandise est un bien vilain défaut !



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