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Au détour d’une rue,
Une dame, sans chapeau pointu,
Ouvre les portes d’une église.
Le soleil levant
Transperce les vitraux
Et m’incite à rentrer.
« Je suis une sorcière
Me dit-elle
Mais pas des ténèbres,
De lumière. »
Oufffff !
Elle n’a pas de nez crochu,
Ni de verrue,
Ni bave de crapaud,
Point de poudre d’escargot,
Et de balai non plus.
Juste le dos courbé
La marche clopin-clopant
Et toutes ses dents.
Ses pensées
Semblent toutes emberlificotées
Et de sa tête s’échappe une drôle de fumée !
Comme affolée
Elle dit tout haut :
« N’importe qui rentre ici,
Tout est complot !
Les animaux,
recueillez les,
Nourrissez les,
aimez les,
Les humains s’entretuent
Et d’amour ils n’ont plu ».
« Oui c’est un lieu
Ouvert à qui veut
Dis je,
Et je garde l’espoir »
Et un grand sourire, lui décoche.
La gardienne de ce lieu saint
Semble avoir oublié les siens
Du bénitier taillé dans la roche,
Elle me demande d’où je viens.
J’aurais un accent,
Celui de l’océan
Et des sillons bleus
Traversant mes yeux.
D’une étrangère
Aurais je l’air ?
Je prends l’allée centrale,
Et dans une petite salle,
Je vois une forme figée au sol,
Qui, en reflet, danse sur le mur
Au rythme d’une bougie un peu folle.
Elle m’a entendu
Et sans bruit change de posture.
Étrange,
Mais pas obscure.
Cette dame aurait elle
Un trésor caché….
Mysteeeerrre !
Je crois comprendre
qu’elle accueille anonymement
Un nouvel arrivant
Et que derrière son ton bourru
Il y a tout un vécu
Et un immense coeur rempli d’humanité.
La situation semble surréaliste,
Mise en scène d’un cartooniste,
Je repars toute joyeuse et fière
d’avoir rencontré ma sorcière
Bien aimée,
Bou !

PJ – 11/016 LDP 43



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