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  • La mer est une femme, incessante et nouvelle,

Dont la robe se fend d’une écume en dentelle.

Le trident de Neptune est un grand couturier,

Qui te fait défiler sur mes ponts hauturiers.

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La mer est une Parque, aimable et meurtrière,

Qui choisit mon destin au hasard des naufrages :

Faut-il naître marin ou préférer la terre ?

Sans doute un peu les deux pour t’aimer davantage.

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La mer est filandière et ne dort pas la nuit,

Détricotant l’espoir comme un vulgaire ennui.

Recommençant l’amour, tu as pêché mon cœur

Bien avant l’Odyssée en tes rets intérieurs. 

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La mer est cordelière, attachante et geôlière, 

Que de corde à ton arc et de chanvre à mes pieds !

Du lien qui nous unit à celui qui me serre,

Mon amour ligoté s’est offert un collier. 

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La mer est tapissière, invasive et couvrante : 

Partout tes yeux comme un limon des Gobelins, 

Partout ton corps dans un varech aux mille mains,

Partout ton écusson comme un blason d’acanthe…

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La mer est une femme, abusive et torride,

Comme un poster vivant qui traîne à la Madrague ;

À demi Calypso, à demi Néréide,

Pour m’abîmer en toi, j’écarterai tes vagues.



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