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Marée de ravages…

Sa vie est une grande fenêtre embuée d’une tristesse sans fin
Elle se sent seule comme un oasis dans un grand désert
Elle est fleur sans pétale, bouquet de jasmin abandonné au jardin
Son cœur est pareil à un étau ou l’angoisse l’enserre

Défile dans son regard, mitrailles et cadavres, corps sans vie
Le sifflement des balles enterre le chant doux des oiseaux
Le goût ferreux de la mort sur ses papilles brûle ses envies
Et s’écoule les jours en lente agonie sans toucher le beau

Sa douleur la ravage comme assauts d’une nuée de guêpes
Ses yeux flétris, sans lumière, éteint par la grande noirceur
Sa bouche sans parole, sans mot tendres, c’est fait taper la gueule
Ses mains tachées par le sang d’une immense torpeur

Son cœur brisé a jamais par les affres des combats livrés
Emprisonne son amour, sa passion dans une étreinte impitoyable
Les champs de bataille lui livrent une guerre sans merci, épuisée
Par les fusils qui ont mitraillés sa gaieté, la laissant vulnérable

La guerre se balade toujours derrière les volets, les paupières
Sortie vivante de cette ignominie, la mort la poursuit sans cesse
Brume, buée, éclat d’obus, frimas, sur ses matins se terrent
La paix ne vient plus la bercer de ses douces caresses

Elle demeure la proie d’un combat sans fin
Victime du fantassin pour son pays parti
Conquérir le monde pour un bout de terrain
Elle a récolté torture et couleur de mélancolie
Cloîtré dans sa tête, son âme sans répit
Seule, incomprise, dans son lugubre destin…..
Éclopée de la guerre à sa fenêtre

@ Dominique Chouinard



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