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Le café noir sur la terrasse
La lumière du jour qui passe
Au travers de nos rêveries
La paix d’une heure qui s’ébroue
Au grand soleil contre ta joue
La douceur d’une flânerie

Là-bas la mort s’invite à table
Les fous de Dieu les fous du diable
Lui mettent partout le couvert
Quand il n’est de choix que mourir
Quand il n’est d’issue que partir
Quand rien ne s’ouvre que la mer

Tu viens lentement contre moi
Je sens ton corps je sens tes doigts
Nous rions du désir qui tremble
Dans nos regards qui se confondent
Dans nos gestes qui se répondent
Dans le souffle qui nous rassemble

Un bateau là-bas qui chavire
La mer étale qui transpire
Une guirlande de noyés
Et le silence qui se pose
Sur des histoires qui se closent
L’eau froide en guise de foyer

Le jour frémit sous tes paupières
Ton regard ouvre des clairières
Et tout me paraît si léger
Le matin respire l’enfance
Le monde a des airs d’innocence
Le ciel paraît si dégagé

Là-bas un mur de barbelés
Pour accueillir ceux qui voulaient
Simplement que leurs enfants vivent
Sans avoir à croiser bientôt
L’obus la balle ou le couteau
Ceux qui cherchaient une autre rive

Je te vois tu rends tout facile
Le bonheur me devient docile
Avec toi il laisse approcher
Mes doigts mes mots et tous mes rêves
Et j’entends le bruit de la sève
Creusant son trou dans le rocher

Là-bas la peur là-bas les murs
Le désarroi et la blessure
De se découvrir malvenu
Pour n’avoir pas voulu mourir
Pour avoir cru que l’avenir
Pouvait s’écrire dans nos rues



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