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Que reste-t-il dans ma mémoire ?

Beaucoup de blancs des cafés noirs

Que reste-t-il dans ce miroir ?

Quelques reflets lampions de foire


Que reste-t-il de cette danse ?

Des gestes tendres à l’évidence

Que reste-t-il de la fragrance ?

Des maux des creux des déficiences


Que reste-t-il de mon passage ?

À part les marques sur mon visage

Des fêtes folles où s’égarer

Défaites longues à encaisser


Que reste-t-il des paysages ?

À part des marques sur le rivage

Des feux des vagues et des glissades

Des jeux des vrilles et des bravades


Que reste-t-il de mon jeune âge ?

Des doigts de fée des ailes d’ange

Des robes droites des longues franges

Accroc des fils dans le branchage 


Que reste-t-il de l’air du large ?

En bord de grève chaleur de barge

Dans l’abandon dans mes besoins

Un peu de paix craque le foin


Dans la douceur ou dans les affres

Dans la douleur ou dans les âtres

La vie croule sous les détails

L’envie coule de nos entrailles 


Que reste-t-il dans ma mémoire ?

Des baisers claquer un instant

Peines de cœur oubliées à temps

Nœuds au ventre des dimanches soir


Ne reste que l’étonnement

Devant tant de tâtonnement

Dans ce foisonnement

Seul dure l’émerveillement


Car un peu de moi s’évapore

Un peu plus de cette fourmilière

Quand veille le sémaphore

Un peu plus sur la pleine mer


Des côtes et des contours 

Des dunes et des détours

De l’aube et des amours

Des lunes et alentour


Comme le jour cède au crépuscule

Dans ma mémoire et dans ma chair

Dans les armoires et dans la terre 

Comme en une fraction tout bascule


Que reste-t-il de ma mémoire ?

Magie d’antan dans le grimoire

Que reste-t-il dans ce miroir ?

Un peu de joie dans l’encensoir




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