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O chère muse ! Je fais de mes mots des traits noirs. J’en dépeins les nuages. Je les transforme en milliers de voyelles de tous les teints. J’habille quelques unes de jaune. Je fais des autres des tisons et je les laisse brûler les pans des pages. Je ne vis pas seul. Je n’ai jamais vécu seul. J’étais et je suis toujours accompagné de syllabes et de rimes dont je noircis mon calepin. Je chante, en trouvère vagabond, du vieux missel de l’amour. Ici, je donne une aubade. Là, je donne une sérénade. Toujours en trouvère, je sonde le soleil. Je sonde toutes les mers. En quête du joyau dont j’ornerai votre belle diadème en jais, je fouille au fond des praires. O chère muse ! J’habille des voyelles en automne. D’autres, je les habille en printemps. Or, vous êtes bel et bien, le plus délicat de mes maux



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