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Je dévide le chapelet de mes rêveries. Sur la feuille, sur les feuilles qui dégringolent de l’arbre, sur les rayons de la lune, sur les ondes du lac, je les dévide une à une. Parfois, rêver m’ennuie quand l’éclair de l’étoile septentrionale se confond aux feux du jour. Là, je défends catégoriquement aux battements du coeur de chercher à s’assouvir de la brume. Et je les dévide, mes rêveries, une à une. Je m’interroge toujours à chaque tournant du dédale : où est ma Fransesca ? Où est mon amour ? Je crée mes mirages d’une brassée d’air pour que l’éternel barque puisse continuer sa descente au milieu des orages. Enfin, voir est essentiellement voir ce qui n’est pas vu. Il faudrait, pourtant, trouver le chemin du retour. Je n’ai laissé un fil nulle part mais il faut revenir. Le matin, je transcris puis je rectifie dix fois ce qui échoue du long voyage. La lyre revient des éthers souterrains vers une terre où elle ne corresponde à rien. Je ne choisis ni mes rimes, ni mes mots, alors comment puis-je choisir mes rêves ? Je veux vivre-mourir pour de bon entre les parois du dédale. Je vois, là, la différence entre la goutte d’eau et le rocher stérile. Et si je ne rêve plus ? … Il y aurait toujours du bleu dans le ciel des sages.



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