Misère

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Longue vie à celui qui épouse la misère,
Elle lui rend en secret une amène vertu.
A ne rien abriter, tout devient impromptu,
La compagnie est rare mais la parole sincère.

Le fier bourgeois répugne cette honorable étreinte,
Médisant son approche comme une malédiction.
Il veut voir partout sa maligne ambition,
Prétextant pour s’enfuir je ne sais quel astreinte.

De toutes les rencontres, c’est bien celle qu’il maudit,
Haïssant une pitié qu’il ne sait ressentir.
Elle lui ferait bien voir le fond du repentir,
Mais son orgueil avare la couvre en discrédit.

Le bonheur se récolte dans le don de soi-même,
Dans cette simplicité qui embrasse l’essentiel.
La misère vit aux portes des étoiles du ciel,
Au jardin de bonté que les cœurs parsèment.

© Spleen – Stéphane Meuret


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