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Moi taureau

Dans mon pâturage j’étais heureux,
sous un soleil radieux, une chaleur écrasante,
mais j’aimais ça.
Même les hivers ne me faisaient pas peur,
le bonheur était peu de choses.

Jusqu’au jour où je vis mon ami pleurer,
on venait me chercher.
Pourquoi?
Le voyage fut éprouvant,
avec cette angoisse aux tripes.

Je ne comprenais pas. Que faisais-je là,
au milieu de tous ces fous,
leur regard bête,
un bruit abasourdissant de mains en mouvements,
des cris bestiaux.
Et là, je le vis.
Le toréador, ce tueur en puissance.

Je sus que ma mort était éminente.
A cet instant, ma pensée fut
pour mon ami qui lui m’avait tant aimé.
Il s’était battu pour un combat perdu d’avance.
Son cœur a saigné des larmes de sang.
Mon corps versa le mien,
Stupidité humaine!

J’aurais aimé voir toute cette meute dans l’arène,
nous les taureaux applaudissant
notre revanche.

Ces imbéciles paient pour ce spectacle
sans âme, ignoble personnages ces barbares.
Le pognon est une arme redoutable,
il alimente la connerie des hommes.

Moi taureau je suis mort aujourd’hui.
Je savais que des humains se battaient,
se battent encore contre cette barbarie,
qu’ils continuent leurs combats,
pour que d’autres taureaux ne ferment plus les yeux,
dans ce cirque de spectacle odieux.

Béatrice Montagnac



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