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Ce qui me plaît en toi, c’est la belle et la gueuse,
Comme un mélange ambré de Moselle et de Meuse,
L’une à l’autre assoupie au dormant de mon cœur :
Nul besoin de choisir, si ce n’est ton bonheur.

Ce qui me plaît en toi, c’est le démon et l’ange,
Comme une onction, tantôt de Styx, tantôt de Gange,
Nul besoin de choisir entre l’enfer et mieux :
Il faut du diable au corps et de l’esprit pour Dieu.

Ce qui me plaît en toi, c’est la blanche et la noire,
Comme un mariage mixte entre Niger et Loire,
L’une à l’autre accouplée au profit de la vie :
Nul besoin de coucher, si ce n’est ton envie.

Ce qui me plaît en toi, c’est le pont et la coque,
Comme un brick remontant la Seine et l’Orénoque,
Nul besoin de choisir entre cinquante étoiles :
Pour te garder au port, j’enlèverai tes voiles.

Ce qui me plaît en toi, c’est le foehn et la bise,
Comme un long courant d’air entre Rhône et Tamise,
Nul besoin de choisir comment quitter ta robe :
Il suffit que le vent t’effleure et la dérobe.

Ce qui me plaît en toi, c’est la folle et la sage,
Comme une mer de paille avant la fin du Tage,
Nul besoin de choisir entre les bords du fleuve :
Hercule a fait ton lit bien avant qu’il ne pleuve.

Ce qui me plaît en toi, c’est la nuit et le jour,
Comme un méli-mélo de Vilaine et d’Amour,
Nul besoin de choisir la meilleure ou la pire :
Les deux me vont au cœur et mon cœur en soupire.



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