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Mon dialogue-Complice avec Germain NOUVEAU (1851-1920)
L’Ãme
Comme un exilé du vieux thème,
J’ai descendu ton escalier ;
Mais ce qu’a lié l’Amour même,
Le temps ne peut le délier

la femme (Claire)
Scrutant la nuit suis à l’écoute
Du moindre bruit me rappelant
Ton pas, ta voix, qui s’est dissoute
Quand tu partis dans le néant

l’Ãme
Chaque soir quand ton corps se couche
Dans ton lit qui n’est plus à  moi,
Tes lèvres sont loin de ma bouche ;
Cependant, je dors près de Toi.

La femme
Oh mon aimé ta place est froide
Je ne te sens plus dans les draps
Je me souviens de ton corps roide
Quand ce jour, la mort t’emporta

l’âme errante
Quand je sors de la vie humaine,
J’ai l’air d’être en réalité
Un monsieur seul qui se promène ;
Pourtant je marche Ãƒà  ton côté.

La femme
Je guette sans cesse nos ombres
Et je te parle sans arrêt
Mais seul le vent dans les coins sombres
me dit des mots sans intérêt.

L’âme errante
Ma vie à  la tienne est tressée
Comme on tresse des fils soyeux,
Et je pense avec ta pensée,
Et je regarde avec tes yeux.

La femme
Qu’il est cruel ce lourd silence
Car ton signe tant espéré
Je l’attends avec impatience
Mais seul le vide est avéré

L’âme errante
Quand je dis ou fais quelque chose,
Je te consulte, tout le temps ;
Car je sais, du moins, je suppose,
Que tu me vois, que tu m’entends.

La femme
Nous eûmes si belle existence
Quand tous deux nous étions vivants
Que notre amour s’il recommence
Survivra au delà des temps.



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