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Mon dialogue complice avec Victor Hugo, (1802-1885)
A CEUX QUI SONT PETITS.
HUGO
Est-ce ma faute à moi si vous n’êtes pas grands ?
Vous aimez les hiboux, les fouines, les tyrans,
Le mistral, le simoun, l’écueil, la lune rousse ;
Vous êtes Myrmidon que son néant courrouce ;
CLAIRE
Prenant de l’importance en vous gaussant de tout,
Vous ne serez jamais qu’un uséhonté jaloux
Sachant dissimuler fort bien l’insuffisance
En persiflant celui dont vous briguez la chance.
HUGO
Hélas ! l’envie en vous creuse son puits sans fond,
Et je vous plains. Le plomb de votre style fond
Et coule sur les noms que dore un peu de gloire,
Et, tout en répandant sa triste lave noire,
Tâche d’être cuisant et ne peut qu’être lourd.
CLAIRE
L’on vous voit pavanant au milieu de la foule,
Colportant la rumeur qui dans le public roule
Et qui s’enfle jusqu’à devenir vérité
Apportant déshonneur au pauvre homme cité,
HUGO
Tortueux, vous rampez après tout ce qui court ;
Votre oeil furieux suit les grands aigles véloces.
Vous reprochez leur taille et leur ombre aux colosses ;
On dit de vous : – Pygmée essaya, mais ne put.-
Qui haïra Chéops si ce n’est Lilliput ?
CLAIRE
Quand vos réparties fusent elles sont cruelles
Et peuvent tuer tant elles semblent réelles
Vous évoluez tel poisson de l’Atlantique
Dans ce monde inhumain qu’on nomme politique.



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