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À l’ébène forestier sous les bois de chêne centenaire,
À la tombée du jour quand par malheur je me cache ;
Je balade au hasard des idées d’un temps millénaire,
Des scènes surannées dont souvent je les rabâches.

Au sommet de la cime habillé d’un bois sombre,
Le noir par son jais jette à présent son ultime haillon ;
Et ce brouillard cristallin qui forme les ombres
l’assaille, et enfourche illico son faîtage à l’horizon

Au pied du mont; tance une voix confuse au village
On entend à peine la voix, qui s’élève, du Muezzin
S’élançant dans les airs comme un vieil adage
Les routards s’arrêtent se reposer sous les tauzins

A la fin du tumulte du jour s’unit les voix des  »Hafiz »
Pour fredonner le Saint Coran dans une parfaite chorale
En guise de ce jour qui s’éteint et qui s’amenuise
Et qui fait taire toute voix méprisante et irruption brutale

Quand le circuit du soleil de l’orient à l’horizon s’achève,
Indifférent je le suis dans son mouvement
il sombre éthéré par les nuées écarlates, demain il se lève,
Et qu’importe ? Je l’attendrai au moment,

À la hausse de l’aurore avant tout errant crieur.
La vie est ainsi tracée par son jour elle s’achève
Par ces tierces doux ou se colle tous nos erreurs
Et qu’on omet de s’initier, nous infidèles élèves.

Pourtant, les jours se réitères à notre avantage
Pour qu’on se reconquiert notre chance en avatar
Qui se métamorphose selon les cas et à tout âge
Au sein d’une cohue remuante dans le tintamarre.

On s’oublie parfois, on se laisse propulser par le sort
Sans verser un regard sur ce qui se glisse à nos cotés
Sur un blanc-seing sont écrits nos fautes et nos torts
L’impôt que chacun doit payer à son juste compté.

Mais à ce doux mirage mon âme est indifférente
Elle n’éprouve devant lui ni sortilège ni remords;
Je contemple la foule ainsi que son ombre errante
Et le soleil des vivants n’échauffe plus les morts.

De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l’aquilon, de l’aurore au couchant,
Je parcours tous les coins de l’immense étendue,
Mais je ne vois nulle part le bonheur qui m’attend.

Peut-être au-delà des bornes de la sphère du Birzakh
Les lieux où la vraie vie de la lumière éclairera nos âmes,
Ah ! Si je pouvais emporter ma dépouille dans son vrac
Mais pour quoi donc ? Dieu me vêtira de chair sans blâme.

À mes yeux se montre une tribune où je voudrai méditer !
Je m’enivrerais à la source de l’amour de Dieu ;
C’est là, où je retrouve l’espoir espéré et ma sérénité,
Et ce bien idéal que nos souffle aie un cœur pieux

Qu’on aspire et qu’on ne peut avoir à ce triste séjour !
Une simple chimère mes yeux s’élance jusqu’à toi!
Ô mon Dieu guide moi au côté du prophète ce jour
De la résurrection où tes élus seront tous à son aloi.

Égaux chacun où il n’existe plus de gens immonde,
Telle que la terre où l’exil reste encore passager
Il n’y a rien de pareil entre la terre et l’autre monde.
Et moi, je suis victime de mon âme que j’ai outragée

Quand les feuilles jonchent les bois et les prairies,
Et que le vent soulève comme s’il voudra les ravir
Et moi, comme tel je serai cette feuille flétrie
Porté dans mon trépas dans un houleux zéphyr !

Par :@ Echchikh Adda
Alger le 29 Juin 2017.
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Tauzin: Arbre de Chêne qui pousse dans les grandes forêts, un bois très recommandé pour l’ébénisterie.
Hafiz: Sont ceux qui psalmodient le Saint Coran
Birzakh : C’est le lieu où nos âmes se regroupent après notre décès et avant le jugement dernier.



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