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Je lègue mon corps aux services de la science
Pour en trouver l’usage, ils auront la patience
De trouver les organes dont il est composé
Qui, depuis la naissance, ne se sont point reposés.
Pour en trouver l’emploi à chacun réservé
Mais n’étant point sûr qu’ils soient bien conservés.

Je lègue mon cerveau à ceux qui réfléchissent
Qui perdront le nord si leurs cheveux blanchissent
Car, usant les neurones à en faire des choses
Qui ouvriront la porte à l’état de névrose.
Qu’ils en prennent grand soin car j’en ai bien usé
Et à le détruire, je me suis amusé.

Je lèguerai mon foie afin de purifier
Leur sang quand le mien sera liquéfié,
J’en garantis l’état car ne buvant que de l’eau
Mouillée ou bien sèche, selon ce qu’elle vaut.
En ayant bien usé, je suis sûr qu’il fonctionne
Je l’aurais réservé aux sciences de la Sorbonne.

Je lègue mes poumons à tout autre hôpital
Que celui où j’ai dû me rendre certaines fois
Leur souffle caverneux leur donnerait bien du mal
A faire battre le cœur sans le rythme infernal,
Défiant toutes les mesures et bien sûr toutes les lois
Quand, soudain, ils s’arrêtent, le cœur est aux abois.

Je lègue mon pancréas, enfin, ce qui en reste
Pour qu’il serve de réserve à toute insuline
Cet organe est actif et même s’il empeste
Il servira au corps, au moins comme tétine,
Ayant brûlé son sucre, visible dans la rétine,
C’est bien un bon moteur et nul ne le conteste.

Je lègue mon estomac, si rarement rempli,
Ayant vu tant de choses passer par son travers
Il paraîtra dodu et n’aura aucun pli
Il a su composer utilisant ses vers
Pour broyer chaque chose avalée de travers
Ses parois sont solides et dures comme du fer.

Le reste sera servi aux chacals comme ration
Le nez peut bien finir en dehors de l’honneur
Les yeux ayant servi parfois hors de vision
La bouche ayant été surtout un beau parleur
Quant aux oreilles qui résonnent sans passion
Elles rejoindront les membres demeurés sans labeur.



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