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NEW-YORK

La statue nous salue sous le soleil levant.
La flamme de sa torche éclaire toute la ville.
La liberté se lève sous le soleil couchant,
Emportée par le vent au-delà de son île.

La grande dame nous conduit dans sa longue limousine,
Au sein de la grosse pomme brillante et arrogante,
Sous les lueurs orangées s’égarant vers Brooklyn
Et le pont suspendu à cette peinture troublante.

Sur les longues avenues et la périphérie,
Elle lance le métronome de la belle métropole.
Les oiseaux, les klaxons, les sirènes, les taxis,
Nous jouent un air de jazz ou un vieux Rock’n Roll.

Notre complice oriente notre regard novice
Vers les écrans géants qui scintillent dans la nuit,
Comme des milliers d’étoiles dans un feu d’artifice,
Comme les lumières d’un flash magnifiant l’infini.

À toute heure, nous suivons une armée de gratte-ciel,
Dont les yeux se reflètent sur le verre et l’acier,
Et leurs têtes se dressent dans la coupole du ciel,
Parmi les cumulus en forme de destriers.

La cime des buildings et le nuage lilial
Se confondent et se fondent dans le ciel azuré,
Comme si des anges sautaient des barrières de cristal
Sur de nobles licornes de coton moutonné.

Dans une suprême douceur, la dame verte nous emmène
Où s’élèvent les voix célestes d’un gospel,
Parées de la couleur et la chaleur d’Harlem,
À l’ombre d’un graffiti ou d’une simple chapelle.

Un petit écureuil s’accroche à sa couronne
Quand elle traverse le parc et son immensité.
Elle imagine Lennon qui tendrement fredonne
Une mélodie d’amour, une mélopée de paix.

Greenwich nous tend ses bras en signe de bienvenue.
On chante dans le square ou dans le coin d’une rue,
Car ici le soleil brille même quand il a plu
Pour tous les gens qui passent, pour tous les inconnus.

Dans ce Montmartre yankee, léger et familier,
Ce poème de bohème si friand d’amitié,
Dans ce charmant village, au cœur de la cité,
Madame Liberté aime s’y reposer.

Mais soudain, son cœur saigne quand sa main nous dirige
Sur les traces des pas de ses deux sœurs jumelles.
Se rouvre la blessure que la haine lui inflige,
Laissant une cicatrice au milieu de ses ailes.

Bien sûr, la mémoire ne peut pas oublier,
Mais sur son petit arbre, perdu dans la forêt
De débris, de misère, de sang et de fumée,
Les fleurs de la vie continuent de pousser.

Et même si la poussière vient lui brûler les yeux,
Elle remonte l’échelle, nous pose sur la nacelle
Qui nous élève encore un peu plus près des cieux
Vers l’âme de cette dame aussi libre qu’éternelle.



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