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Déjà, né, il portait les signes du destin :
Un joyeux garnement du nom de Nicolas ;
Qui partout pratiquait tympanon et tuba,
Violon, violoncelle, clarinette et clavecin.

Tout cela pour lui, et le bonheur des siens,
Qui plaçaient en son être des espoirs certains
Afin d’éradiquer la misère et la faim,
Qui rongeaient la contrée, du notable au jeune chien.

Un beau jour Nicolas décida de partir,
Très loin vers le nord, par delà les montagnes,
Sur les rives sonores qui ignorent le bagne
Du pays exigu qui l’a pu voir grandir.

Les insectes bien gras se plaisaient à chanter
Mélodies innombrables et morceaux bien choisis,
Qui comblèrent aussitôt les caprices de sa lyre.
L’occasion, il saisit d’avec eux partager,

De languir les blanches et de fuir les croches,
Que, partout, il semait jusqu’au cœur de la cloche,
De l’église grisâtre en laquelle tous croyaient.

Depuis si nombreux millénaires, elle jouait
Tonnes de noires espacées à mesure immuable,
Suprême autorité dans les cœurs et les fables
Exercée jusqu’ici en ces vastes terrains.

C’est ainsi que sur l’ordre du puissant religieux,
Il se fît bannir sur paroles des dieux,
Qui voyaient en l’enfant la fissure à son cierge :
Dans nos têtes se trouve une place, pour une vierge.

Il longea de longs jours de fertiles plateaux,
Que ses chers instruments bannissaient comme la peste,
Car, de son pays, l’unique chose qu’il lui reste,
C’est d’arides musiques qui parsèment les maux.

Pour comprendre chez soi, il se doit averti
Par les grandes illusions des lumières du monde :
Elles font fondre la suie et résonnent comme une onde
Lorsque, seul et perdu, on retourne au nid.

Les enfants sont ingrats et l’espoir est si vain ;
Que parents, soyez sages, laissez faire le temps :
La marque indélébile des passé et présent,
Qui vous rident le visage et vous couvrent les mains.

Stephane Meuret
2002, Copyright



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